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Objet d'étude : le ROMAN ET
SES PERSONNAGES
Corpus
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Texte A
: STENDHAL,
La Chartreuse de Parme,
chapitre
3, 1839
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TEXTE A
Fabrice Del Dongo, un jeune aristocrate italien, admirateur de Napoléon rejoint les troupes françaises et se retrouve à Waterloo
Tout à coup on
partit au grand galop. Quelques instants après, Fabrice vit, à vingt pas en
avant, une terre labourée qui était remuée d'une façon singulière. Le fond des
sillons était plein d'eau, et la terre fort humide, qui formait la crête de ces
sillons, volait en petits fragments noirs lancés à trois ou quatre pieds de
haut. Fabrice remarqua en passant cet effet singulier ; puis sa pensée se remit
à songer à la gloire du maréchal (1). Il entendit un cri sec auprès
de lui ; c'étaient deux hussards qui tombaient atteints par des boulets ; et,
lorsqu'il les regarda, ils étaient déjà à vingt pas de l'escorte. Ce qui lui
sembla horrible, ce fut un cheval tout sanglant qui se débattait sur la terre
labourée, en engageant ses pieds dans ses propres entrailles ; il voulait suivre
les autres : le sang coulait dans la boue.
Ah ! m'y voilà donc enfin au feu ! se dit-il. J'ai vu le feu ! se répétait-il
avec satisfaction. Me voici un vrai militaire. A ce moment, l'escorte allait
ventre à terre, et notre héros comprit que c'étaient des boulets qui faisaient
voler la terre de toutes parts. Il avait beau regarder du côté d'où venaient les
boulets, il voyait la fumée blanche de la batterie à une distance énorme, et, au
milieu du ronflement égal et continu produit par les coups de canon, il lui
semblait entendre des décharges beaucoup plus voisines ; il n'y comprenait rien
du tout.
1 : le maréchal Ney, que Fabrice vient d’apercevoir
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TEXTE B
Le Grand Troupeau
est un roman dont l'action se situe durant la Grande Guerre (1914-1918)
Le jour est
venu tout d'un coup. Le mont Kemmel (1) fume de tous côtés comme une
charbonnière. On est le long d'une route de saules: des saules déjà touchés de
printemps; des bourgeons de belle amitié qui s'ouvrent.
Les balles claquent dans les branches ; la peau d'herbe est toute blessée.
L'étang doucement s'en va, on le voit s'en aller dans les trous et puis
s'enfoncer dans la terre.
Des vols d'obus passent, s'abattent, sautent, arrachent des branches, rugissent
sous la terre, se vautrent dans la boue, puis tournent comme des toupies et
restent là. On creuse à la pelle de trou à trou. On a tout le temps dans les
jambes cet étang qui veut s'en aller, et qui coule tantôt d'ici, tantôt de là,
sans savoir. On le repousse, on le frappe, il revient, il geint. On le frappe à
coups de pelle. Un obus se plante là tout près. On se couche sur l'étang et,
tout de suite, il se met à lécher l'homme tout du long, des genoux à la figure
avec sa langue froide.
Là-haut à trois cents mètres, on voit un moulin. Un peu à gauche, un petit tas
de pierres. C'était un pigeonnier.
- En voilà un, en voilà un ! crie Jolivet.(Il y a un homme dans ce tas de
pierres; on vient de le voir se dresser. Il s'est découvert jusqu'au ventre) ...
La vache! Donne un fusil que je le règle.
L'homme apparaît, Jolivet tire.
Au bout d'un moment l'homme se montre encore, Jolivet tire
Au bout d'un moment l'homme se montre encore.
1 : Le mont Kemmel (Kemmelberg) est le point culminant (156 m) de la province de Flandre-Occidentale, en Belgique.
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TEXTE C
A l'instar de Candide, le héros du Voyage au bout de la nuit, Ferdinand
Bardamu, découvre le monde et ses horreurs : la guerre en Europe, le
colonialisme en Afrique et l'industrialisation qui asservit les hommes en
Amérique. Nous sommes ici au début du roman : parti pour le front, le narrateur
se retrouve sur un champ de bataille.
Ces
Allemands accroupis sur la route, têtus et tirailleurs, tiraient mal, mais ils
semblaient avoir des balles à en revendre, des pleins magasins sans doute. La
guerre décidément, n'était pas terminée ! Notre colonel, il faut dire ce qui
est, manifestait une bravoure stupéfiante ! Il se promenait au beau milieu de la
chaussée et puis de long en large parmi les trajectoires aussi simplement que
s'il avait attendu un ami sur le quai de la gare, un peu impatient seulement.
Moi d'abord la campagne , faut que je le dise tout de suite , j'ai jamais pu la
sentir , je l'ai toujours trouvée triste , avec ses bourbiers qui n'en finissent
pas , ses maisons où les gens n'y sont jamais et ses chemins qui ne vont nulle
part . Mais quand on y ajoute la guerre en plus, c'est à pas y tenir. Le vent
s'était levé, brutal, de chaque côté des talus, les peupliers mêlaient leurs
rafales de feuilles aux petits bruits secs qui venaient de là-bas sur nous. Ces
soldats inconnus nous rataient sans cesse, mais tout en nous entourant de mille
morts, on s'en trouvait comme habillés. Je n'osais plus remuer.
Ce colonel c'était donc un monstre ! A présent, j'en étais assuré, pire qu'un
chien, il n'imaginait pas son trépas ! Je conçus en même temps qu'il devait y en
avoir beaucoup des comme lui dans notre armée, des braves, et puis tout autant
sans doute dans l'armée d'en face. Qui savait combien ? Un, deux, plusieurs
millions peut-être en tout ? Dés lors ma frousse devint panique. Avec des êtres
semblables, cette imbécillité infernale pouvait continuer indéfiniment
...Pourquoi s'arrêteraient-ils ? Jamais, je n'avais senti plus implacable la
sentence des hommes et des choses.
Serais-je donc le seul lâche sur la terre ? Pensais-je. Et avec quel effroi
!...Perdu parmi deux millions de fous héroïques et déchaînés et armés jusqu'au
cheveux ? Avec casques, sans casques , sans chevaux , sur motos , hurlants , en
auto , sifflants , tirailleurs , comploteurs , volants , à genoux , creusant ,
se défilant , caracolant dans les sentiers , pétaradant , enfermés sur la terre
comme dans un cabanon 1, pour y tout détruire , Allemagne , France et
Continents , tout ce qui respire , détruire , plus enragés que les chiens ,
adorant leur rage ( ce que les chiens ne font pas ) , cent , mille fois plus
enragés que mille chiens et tellement plus vicieux ! Nous étions jolis !
Décidément, je le concevais, je m'étais embarqué dans une croisade
apocalyptique.
1 . Cabanon = asile d'aliénés
I. Question (4 points)
Par quels moyens les romanciers parviennent-ils, dans ces extraits, à montrer la réflexion intérieure des personnages ?
II. Travail d’écriture (16 points) Vous traiterez l’un des trois sujets
suivants, au choix.
Commentaire
Vous commenterez l’extrait du Voyage au bout de la nuit (texte C) de L.F. Céline
Dissertation
Attendez-vous du personnage principal d'un roman qu'il soit un héros ?
Vous réfléchirez à cette question en vous aidant du corpus mis à votre
disposition, des œuvres que vous avez lues en classe et de vos lectures
personnelles.
Écriture d’invention
Afin
d’inciter les élèves à la lecture, Vous êtes chargé d’écrire pour le journal du
lycée un article dans lequel vous devez mettre en valeur tout l’intérêt que l’on
peut tirer de la fréquentation des personnages romanesques.
Vous pouvez mettre un titre et une manchette à votre article.