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«Tempête solide»
(périphrase oxymorique : mouvement et fixité, agitation et puissance paisible)
V. Segalen stèles
« stèles du bord du chemin »
Stèle = monument formée d’une pierre placée debout (souvent la stèle est
funéraire = "in memoriam" )
Que veut dire l’auteur ? De quoi parle-t-il ? Quelle est la portée profonde du
texte ?
Il s'agit d'un éloge , celui d'un espace montagneux, à l'occasion d'un voyage.
Cette rencontre est doublement symbolique, c'est à la fois l'image de la vie et
de l'écriture.
Par ailleurs quel est le rapport avec le titre « Tempête solide » et
ce texte écrit lui-même en forme de stèle par son cadre et l’indication écrite
en chinois ?
La stèle comme l’indique le titre est une stèle du bord du chemin , sorte de
balise marquant une route.
Nous étudierons ce texte en tant qu’évocation d’un voyage et d’une
rencontre avant de conclure sur sa valeur métaphorique, sur les
différentes possibilités de sens .
I) Un voyage
- un déplacement de l’auteur - narrateur (présent par la 1ère personne)
repérable au lexique L.1 « porte moi » ,L.5 « le sentier oblique », L.11 « ma
route ».
Un déplacement vers la montagne, puis de la montagne vers la plaine (13)
Il s’agit de gravir une montagne par « le sentier oblique » le poète veut aller
très haut (12)
Ascension pénible = longue (8) « tu doubles le chemin »
Difficile (12) « âpre « et « dure », efforts =
Elle "fatigue"
La montagne est évoquée en tant que forme et paysage : haute, elle touche aux
nuages qu’elle emprisonne entre ses sommets. Elle présente des « sommets» et des
« passes » . Ses pentes montent jusqu’au « ciel froid ». C’est aussi un
entassement de pierres « rugueuses » sur lequel le corps se blesse
La montagne est semblable par ses formes à la mer ce qu’exprime une série de
métaphores et d’oxymores : les sommets ont la forme des vagues mais ces vagues
sont immobilisées, pétrifiées (1 et 2 titre). Le poème peut se lire en
considérant chaque phrase comme un étage,
chaque phase comme une étape :
1§=avant l'ascension; 2+3 §= pendant; 3§= après.
II) Une rencontre
L’ascension est aussi une rencontre car la montagne est personnifiée. Le
poète l’apostrophe : « Montagne » lui parle à la deuxième personne du singulier
avec des impératifs « porte-moi » « fatigue ma route » avec pronoms personne du
singulier « tu doubles » « entasse » adjectif possessif « ta beauté »
Ainsi une réalité humaine lui est attribuée par des actions qui la personnifie :
« tu doubles « « tu entraînes » et comparaison avec les pèlerins (10)
La montagne est une sorte de partenaire qui fournit une occasion de se dépasser.
Elle multiplie les difficultés « tu doubles » , tu « entasses les efforts » .
Elle place l’homme devant des obligations ; le chemin devient une métaphore
symbolique de la difficulté, grâce à la construction grammaticale : il faut
surmonter le chemin, on surmonte une difficulté. Le poète réclame d’ailleurs
cette difficulté à l’aide de l’impératif « fatigue ma route » et des 3
subjonctifs de souhait 3 et 12.
III) valeur métaphorique
La montagne peut-être simplement l’occasion de se dépasser au cours d’un
effort physique difficile mais elle peut être la métaphore de la vie ou de
l’œuvre artistique.
De la vie car le poète évoque le pèlerinage : un but à atteindre : la plaine ,
la vie dans l’au-delà . Mais ça se présente aussi comme gravé sur une stèle, un
monument destiné au souvenir, à la durée éternelle si possible.
De plus il y a un souhait d’écrivain (3/4) « que je fixe en de justes
caractères » et quand le poète parle de hauteur = hauteur de beauté ou
hommage à l’altitude montagne.
Le poète peut vouloir rivaliser par son œuvre avec la montagne en immortalisant
celle-ci dans sa beauté par la beauté de son œuvre.
La montagne dans sa beauté inaccessible , aussi insaisissable et
incompréhensible qu’ « une tempête solide » , qu’ « une mer figée » est alors
le symbole de l’œuvre à créer de même que la montagne est une sorte de stèle ,
monument éternel de la nature . Le poème sera une sorte de stèle de monument
éternel de l’art.
Le texte peut illustrer plus qu’un désir de dépassement physique ou moral sur la
route de la vie pour les pèlerins que nous sommes. L’ambition de créer une œuvre
immortelle, tâche d’autant plus ardue que l’on veut aller plus haut
La plaine enfin de texte ne serait que le bonheur du délassement d’une route
facile, d’un travail moins
ambitieux, dont le poète reconnaît aussi la beauté , mais qui ne
peut prétendre à être une
stèle.