Pastiche
(pasticheur, pasticheuse) : Imiter le style d'un auteur, prendre sa place et
inventer une oeuvre nouvelle, c'est faire un pastiche
Le mot possède une étymologie péjorative puisqu'il signifie "mauvais pâté"
en italien.
Parodie : S'emparer d'une oeuvre, la transformer, c'est en faire la parodie
Le mot «parodie» désigne une œuvre littéraire ou artistique qui transforme
une œuvre préexistante de façon burlesque, ludique ou
satirique.. Il évoque une "imitation grossière", ainsi parle-t-on de "parodie
de justice" pourtant il s'agit d'un genre historique, sans connotations
péjoratives, que les anciens, et notamment Aristote, ont analysé).
Pastiche
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:: Une ode (3 sizains octosyllabiques) au niveau
de langue élevé qui s'adresse à une jeune fille «Mignonne» sur le thème
du carpe diem. Un acte dramatique (la perspective de la mort de
la rose) qui ouvre sur une prise de conscience (la nécessité de profiter
du moment présent). Registre lyrique. Les 3 strophes marquent 3 étapes identifiables à partir des impératifs : l' invitation à «aller voir» ce soir (vesprée) l'état de la rose si rayonnante «ce matin». L'horrible constat «voyez» du dépérissement naturel de la rose, émotion,indignation, désespoir. Le conseil sous forme de déduction («donc») : il faut profiter du moment présent. Thème corollaire : celui de la fuite du temps. Durée évoquée : une journée (strophe 1 et 2) = «ce matin... cette vesprée... en peu d'espace... du matin jusques au soir»= une vie de rose. Autre durée : celle d'une vie humaine (strophe 3) = «âge fleuronne... jeunesse / vieillesse. Donc métaphore filée : la jeune fille est une rose, sa beauté est celle d'une rose, sa vie et sa beauté sont aussi éphémères que celles d'une rose. Strophe 1: assimilation «Mignonne» rime avec «rose»; la rose est une jeune fille, habillée d'une «robe de pourpre» et sa couleur est un «teint». C'est un univers de beauté , coloré («pourpre» et doré «soleil»), cependant discrète inquiétude avec des verbes au passé (plus que parfait et passé composé). Strophe 2 : animisme qui prépare la leçon finale = la rose est responsable «a laissé choir». Présent de vérité générale et périphrase ambiguë «une telle fleur» pour désigner la rose. Strophe 3 : reprise claire de la métaphore «fleuronne... verte nouveauté», cette fois c'est la jeune fille qui est une rose et non plus la rose qui est une jeune fille (strophe 1), la rose n'est d'ailleurs plus nommée («cette fleur»). le verbe «cueillir» convient au contexte floral et le futur de certitude clôt le poème pour appuyer une leçon énoncée par la reprise des impératifs qui marque l'urgence. Une leçon motivée par l'intérêt personnel du poète qui demande ainsi à Cassandre, la jeune fille en question, de répondre à ses avances. |
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Pierre de Ronsard , Odes
, I , 17 1550/1552 Mignonne, allons voir si la rose Las! voyez comme en peu d'espace,2 Donc, si vous me croyez, mignonne 1. vespré= ce soir |
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:: Un texte d'un seul tenant, non
ponctué et composé de pentasyllabes, plus proche de la chanson que
du poème, qui s'adresse à une jeune fille «Fillette» reprenant le thème
du carpe diem à l'aide d'un niveau de langue familier; le tutoiement
remplace logiquement le vouvoiement.le
lyrisme laisse place à l'humour.
L'évocation de la rose est plus discrète (v.15 , v. 40, 41. 42
«pétales») et la métaphore simplement suggérée par le cliché du vers
vers 15 «ton teint de rose ». L'image de la rose est
plus associée à l'image du bonheur : «Roses de la vie» Plaisirs fragiles
de la vie. l'argumentation amène à la déduction (v.45) énoncée avec la même conviction que chez Ronsard (reprise de l'impératif). Le cadre temporel a disparu mais le thème de la fuite du temps est omniprésent . Ainsi les vers 15 à 20 décrivent concrètement la jeunesse tandis que les vers 35 à 38 contrastent pour montrer la vieillesse. Les vers 27 à 30 parlent du temps qui passe mais il s'agit de la durée cyclique, «en rond», de la nature soumise au perpétuel renouvellement. Alors que l'opposition marquée au vers 31 rappelle l'autre durée, celle des humains, un temps linéaire qui mène «tout droit» au dépérissement. Tout le texte est écrit au présent : celui de l'énonciation mais aussi celui de vérité générale. Le texte est caractérisé par la langue familière de l'oral . L'apostrophe «Fillette» est certes affectueuse mais elle souligne aussi le manque de considération , loin du charme et de la tendresse contenus dans «Mignonne». Relâchement de la syntaxe et du lexique (absence de la double négation «si tu le fais pas» ou le verbe «gourer») , alliances de mots amusantes , des termes rares associés à des termes concrets «ride véloce» mais aussi jeu avec l'homophonie dans ce qui apparaît comme le refrain «xa va», les redoublements , les reprises sont non seulement des figures d'insistance mais aussi la marque d'un bégaiement comique. L'humour permet donc de moderniser le thème sans pour autant totalement occulter le caractère tragique de la prise de conscience. Le texte de Queneau apparaît comme un miroir déformant : une satire visant essentiellement l'académisme du modèle. | Raymond Queneau , L'instant fatal ( 1948 ) Si tu t'imagines |
Pastiche ou parodie ?
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