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Pastiche (pasticheur, pasticheuse) : Imiter le style d'un auteur, prendre sa place et inventer une oeuvre nouvelle, c'est faire un pastiche
Le mot possède une étymologie péjorative puisqu'il signifie "mauvais pâté" en italien.     
Parodie : S'emparer d'une oeuvre, la transformer, c'est en faire la parodie
Le mot «parodie» désigne une œuvre littéraire ou artistique qui transforme une œuvre préexistante de façon  burlesque, ludique ou satirique.. Il évoque  une "imitation grossière", ainsi  parle-t-on  de "parodie de justice"  pourtant il s'agit d'un genre historique, sans connotations péjoratives, que les anciens, et notamment Aristote, ont analysé).

                                                                                                Pastiche



L'ÂNE VÊTU DE LA PEAU DU LION
 
De la peau du Lion l'Ane s'étant vêtu,
Etoit craint partout à la ronde;
Et bien qu'animal sans vertu,
(1)
Il faisoit trembler tout le monde.
Un petit bout d'oreille
(2) échappé par malheur
Découvrit la fourbe
(3) et l'erreur:
Martin
(4) fit alors son office.
Ceux qui ne savoient pas la ruse et la malice
S'étonnoient de voir que Martin
Chassât les lions au moulin.
(5)


Force gens font du bruit en France,
Par qui cet apologue est rendu familier.
Un équipage cavalier
(6)
Fait les trois quarts de leur vaillance.

LA FONTAINE , Fables , V, 21 , 1668

1) courage
 (2) de là le proverbe
montrer le bout de son

oreille, c'est à dire laisser percer sa vraie personnalité
 (3) malhonnêteté
 (4) "On dit [...] Martin bâton, en parlant d'un bâton dont on frappe les ânes, qu'on appelle Martin, comme si on disait le bâton à Martin " (Furetière) (Fables, oeuvres complètes, éd. La Pléiade)
 (5) les lions, d'ordinaire, ne vont pas porter de grain au moulin
 (6) tout ce qui est nécessaire pour s'entretenir honorablement ; 
 cavalier : noble, conquérant, portant épée.
 La Fontaine a sans doute voulu représenter sous la figure de l'âne les bourgeois qui luttent en vain de distinction et d'élégance avec les nobles.

FABLE OU HISTOIRE
Un jour, maigre et sentant un royal appétit,
Un singe d'une peau de tigre se vêtit.
Le tigre avait été méchant, lui, fut atroce.
Il avait endossé le droit d'être féroce.
Il se mit à grincer des dents, criant: je suis
Le vainqueur des halliers, le roi sombre des nuits!
Il s'embusqua, brigand des bois, dans les épines;
Il entassa l'horreur, le meurtre, les rapines,
Egorgea les passants, dévasta la forêt,
Fit tout ce qu'avait fait la peau qui le couvrait.
Il vivait dans un antre, entouré de carnage.
Chacun, voyant la peau, croyait au personnage.
Il s'écriait, poussant d'affreux rugissements:
Regardez, ma caverne est pleine d'ossements;
Devant moi tout recule et frémit, tout émigre,
Tout tremble; admirez-moi, voyez, je suis un tigre!
Les bêtes l'admiraient, et fuyaient à grands pas.
Un belluaire vint, le saisit dans ses bras,
Déchira cette peau comme on déchire un linge,
Mit à nu ce vainqueur, et dit: tu n'es qu'un singe.

VICTOR HUGO, LES CHATIMENTS, Livre III , Jersey, septembre 1852. [6 novembre 1852.]

 

Pierre de Ronsard , Odes , I , 17 1550/1552

Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avait déclose
Sa robe de pourpre au soleil,
A point perdu cette vesprée 1
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vôtre pareil.

Las! voyez comme en peu d'espace,2
Mignonne, elle a dessus la place,
Las, las ses beautés laissé choir
O vraiment marâtre Nature,
Puisqu'une telle fleur ne dure
Que du matin jusques au soir

Donc, si vous me croyez, mignonne
Tandis que votre âge fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez votre jeunesse:
Comme à cette fleur, la vieillesse
Fera ternir votre beauté.

1. vespré= ce soir
2. espace =temps
 

     

                           Parodie

Raymond Queneau , L'instant fatal ( 1948 )

Si tu t'imagines
Si tu t'imagines
Fillette , fillette
Si tu t'imagines
Xa va xa va vaxa
Va durer toujours
La saison des za
La saison des za
Saisons des amours
Ce que tu te goures
Fillette , fillette
Ce que tu te goures
Si tu crois petite
Si tu crois ah ah
Que ton teint de rose
Ta taille de guêpe
Tes mignons biceps
Tes ongles d'émail
Ta cuisse de nymphe
Et ton pied léger
Si tu crois petite
Xa va xa va va xa
Va durer toujours
Ce que tu te goures
Fillette , fillette
Ce que tu te goures
Les beaux jours s'en vont
Les beaux jours de fête
Soleils et planètes
Tournent tous en rond
Mais toi ma petite
Tu marches tout droit

Vers sque tu ne vois pas
Très sournois s'approchent
La ride véloce
La pesante graisse
Le menton triplé
Le muscle avachi
Allons allons cueille
Les roses les roses
Roses de la vie
Et que leurs pétales
Soient la mer étale
De tous les bonheurs
Allons cueille cueille
Si tu le fais pas
Ce que tu te goures
Fillette fillette
Ce que tu te goures 

                                                                                                   Pastiche ou parodie ?

Lautréamont Les Chants de Maldoror 1869

Les magasins de la rue Vivienne étalent leurs richesses aux yeux émerveillés. Éclairés par de nombreux becs de gaz, les coffrets d'acajou et les montres en or répandent à travers les vitrines des gerbes de lumière éblouissante. Huit heures ont sonné à l'horloge de la Bourse: ce n'est pas tard! A peine le dernier coup de marteau s'est-il fait entendre, que la rue, dont le nom a été cité, se met à trembler, et secoue ses fondements depuis la place Royale jusqu'au boulevard Montmartre. Les promeneurs hâtent le pas, et se retirent pensifs dans leurs maisons. Une femme s'évanouit et tombe sur l'asphalte. Personne ne la relève: il tarde à chacun de s'éloigner de ce parage. Les volets se referment avec impétuosité, et les habitants s'enfoncent dans leurs couvertures. On dirait que la peste asiatique a révélé sa présence. Ainsi, pendant que la plus grande partie de la ville se prépare à nager dans les réjouissances des fêtes nocturnes, la rue Vivienne se trouve subitement glacée par une sorte de pétrification. Comme un coeur qui cesse d'aimer, elle a vu sa vie éteinte. Mais, bientôt, la nouvelle du phénomène se répand dans les autres couches de la population, et un silence morne plane sur l'auguste capitale. Où sont-ils passés, les becs de gaz? Que sont-elles devenues, les vendeuses d'amour? Rien... la solitude et l'obscurité! Une chouette, volant dans une direction rectiligne, et dont la patte est cassée, passe au-dessus de la Madeleine, et prend son essor vers la barrière du Trône, en s'écriant: «Un malheur se prépare.»

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  RÉPONSE 
  

 

.ouilh, Fables ,

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