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«MARSEILLE» , JULES SUPERVIELLE, DÉBARCADÈRES, 1927
ÉTUDE DU POÈME
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:: Exemple d’assonance reflétant la vie citadine : Prédominance du son [a] dans la première phrase (vers 1 à 7) notamment au vers 6 : « Leurs verres , leurs tasses, leurs seaux à glace et leurs alcools, » L’assonance dans cette longue énumération concourt à créer cette impression d’agitation et d’abondance caractéristique de la vie citadine , d’autant qu’il s’agit de réalités quotidiennes futiles . Exemple d’allitération reflétant la vie citadine : Le vers 4 : « Le beau rendez-vous des vivants qui lèvent le bras comme pour se partager le ciel » où se combinent [p] , [b] ( les labiales) et [v] , échos sonores qui accentuent cette impression de vitalité , d’énergie qui se dégage de l’évocation de cette ville . Débordement constant des images qui s’appellent l’une l’autre . c) Utilisation du vers libre : La technique du vers libre contribue à l’impression d’heureux désordre transmise par une grande partie du texte Impression générale d’abondance ,vers longs =>notamment le vers 5 ( vers le plus long du texte ) pour l’image de la foule accompagnée de l’idée de naissance . ::
Changement à partir du verbe 14 .Le ton et l’atmosphère changent à
partir du vers 14 : confidence : « écoute-moi » , « douceur » (vers 15) secret : « te
prendre dans un coin »
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::: Il s’agit de l’évocation d’une ville : Marseille
::: Projet explicite du poème : l’auteur désire capturer la ville lumineuse et tourmentée . C’est le pouvoir des mots , celui d’éveiller des images , l’abolition entre le réel et l’imaginaire . Le poète possède cette puissance suprême d’éveiller des images , l’art permet de prendre possession du monde (jusqu’au vers 13) mais cette prise de possession est éphémère et mène forcément à l’échec (cf. Rimbaud) (images insaisissables et puissance de la réalité) d’où l’inquiétude qui transparaît à partir du vers 14.. Comment le poème est-il construit ?
a)
Dès les premiers mots, on va au-delà de la vue
prosaïque d'une ville portuaire par l'allégorie
« Marseille sortie de
la mer », cf. Vénus sortant de l'onde dignité du mythe antique, mais aussi
surgie dans l'imagination du poète
- soudaineté du surgissement il est
exprimé immédiatement, par les deux premiers mots du texte, et la phrase
nominale le poète ne prend pas le temps de construire une phrase pour
nous livrer, tous les éléments de ce surgissement. -
l'allégorie - empêche
immédiatement de prendre dans un sens platement descriptif les éléments les plus
simples : puisqu'elle est « sortie de la mer », les poissons et les coquillages
ne sont pas seulement aux étalages du marché, ils sont en elle comme si elle
était la mer.
b)Cette idée se construit à mesure
qu'apparaissent des éléments appartenant de plus en plus au milieu marin et qui
sont de plus en plus étonnants dans l'ordre de la raison:« l'iode » :
milieu marin, mais l'iode est en effet présent dans l'air au bord de la mer.
« les mâts en pleine ville » : impression d'optique, mais traduite d'une
façon qui va au-delà de la réalité; ils sont au centre de la ville
(insistance par « en pleine.,. »), à peine distincts des passants: monde
humain habité par la mer, envahi par elle (« disputent les passants »).« les
tramways avec leurs pattes de crustacés» - image dérivée, non pas
directement de la réalité comme là précédente mais du rapprochement entre une
réalité, les caténaires ou perches des tramways ou trolleys, et l'image
obsédante de la mer; jamais sans cette dernière des tramways n'auraient été
comparés à des crustacés. De plus, « luisants d'eau marine »ajoute une notation
de matière aux impressions visuelles seules représentées jusqu'alors.- « les
chaises frétillantes » : devenues poissons.« cela » vague, et précédé
par une longue énumération, donne l'impression d'une transformation inexprimable
tant elle est vaste. « yeux de phosphore » : transformation suffisamment
profonde pour donner aux humains cette apparence mystérieuse ,d'une lumière
venue d'ailleurs et du plus profond d'eux-mêmes: phosphorescence.
c) Mais les yeux de phosphore sont mis par l'énumération
sur le même plan que les objets du café, comme s'ils n'étaient pas plus
étonnants, et l'expression « hommes et femmes de maintenant» insiste sur
le fait qu'il ne s'agit pas d'on ne sait quelle histoire légendaire, mais bien
d'une réalité actuelle et quotidienne, absence d'emphase pour dire que le poète
cherche à transmettre honnêtement une vision qui s'impose à lui Simplicité et
actualité d'autant plus étonnantes quelles voisinent avec l'image du premier
vers, inspirée de l'Antiquité, et avec quantité d'images en elles-mêmes
étonnantes d) Le thème une fois rigoureusement établi dans la première partie,
la présence de la mer dans la ville est rappelée dans la suite du texte et ce
dans tous les domaines. Lune- singe échappé au «balluchon d'un
marin» (homme);
rappel de l'élément naturel et liquide par les torrents
(nature); (2e partie du texte) « toutes ces ancres qui te mordillent »
(objet); « en partance » (acte)
Mais en peut se demander avec ces
exemples si c'est la nature qui envahit le monde humain ou l'inverse "et la
lune est un singe" la phrase, pourtant avant tout descriptive: l'ombre
typique du marin portant singe et balluchon se détache sur la toile de fond que
forme l'astre lunaire, suggère que le marin a mis la lune au nombre des
bibelots exotiques en sa possession ; de même, ces ancres « qui
mordillent » sont après tout le signe de la présence des hommes qui ont
équipé et ancré les navires, et le verbe lui-même fait de l' homme un animal
mi-carnassier, mi amoureux , prenant possession de la ville -mer .
a) « Le beau rendez-vous de vivants» : en plus de l'évocation des rencontres humaines favorisées par une ville portuaire, transfiguration du geste humain qui grandit l'humanité jusqu'à lui permettre de prendre possession de l'espace «qui lèvent le bras comme pour se partager le ciel». Le mot employé est « vivants » et non « hommes » : préparation de l'hymne -à la vie de la seconde partie.
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:: En quoi cette évocation de Marseille a-t-elle une dimension symbolique ? Plan
possible
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:: COMMENTAIRE
RÉDIGÉ ::
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Transition. On découvre donc l'imprégnation du monde humain par la nature, qui donne a l'humanité quotidienne de Marseille une dimension cosmique et ,en retour, l'imprégnation de la nature par l'humanité. |
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Transition. Puissance du poète, puissance de la vie, et pourtant inquiétude latente, mais, perceptible, à la fin du texte.- Comment se manifeste-t-elle et pourquoi? |
a) Constatations