* christian.mathisarobaseclub-internet.fr

Figures de style et de versification
1. Aller à "Qu'est-ce qu'un..."(Jeu de 10 questions)
2. Donnez une définition pour chacun des mots suivants . Définition que vous illustrerez à l'aide d'un exemple pris dans la liste jointe .
QU'EST CE QU'UN...
1.chiasme?
2. (une) diérèse?
3. distique?
4. (une) période?
5. (une) élégie?
6. (une) parabole?
7. argument spécieux?
8. (une) logorrhée?
9. aphorisme?
10. barbarisme?
Réponses et microlectures
1)Euphémisme :Elle atténue l'expression d'une idée pour en cacher le caractère déplaisant : " L'époux d'une jeune beauté /Partait pour l'autre monde ".(La Fontaine)
Commentaire : l'euphémisme (" partait pour l'autre monde ") adoucit l'évocation de la mort. Atténuation rendue d'autant plus nécessaire que la situation touche " une jeune beauté " donc une veuve dont la jeunesse donne droit à la joie et à l'amour.
2) Antithèse : Elle oppose très fortement deux termes ou deux ensembles de termes : " Je sentis tout mon corps et transir et brûler."
Commentaire : Les verbes " transir " et " brûler " s'opposent dans un contraste violent : Phèdre rappelle ainsi les effets du coup de foudre ressenti à la vue d'Hyppolite. c'est en effet par le corps (Je sentis tout mon corps) que l'on ressent la passion . L'antithèse souligne l'intensité du désordre physique qui accompagne ce sentiment .La reprise de la coordination (et transir et brûler.) montre la simultanéité de ces sensations contraires.
3) Métaphore : Elle établit une assimilation entre deux termes (sans terme de comparaison) " Ma jeunesse ne fut qu'un ténébreux orage"
Commentaire Cette métaphore ouvre le poème intitulé " l'ennemi " .Elle est développée à travers une succession d'images qui associe la vie du poète à un jardin dévasté. Les trois premières strophes de ce poème sont ainsi construites sur la métaphore filée qui reprend dans un déroulement chronologique les épisodes d'une vie associée au temps et à ses variations.
4) Périphrase : Elle consiste à remplacer un mot par une expression de sens équivalent. " La fille de Minos et de Pasiphaé "
Commentaire Cet alexandrin employé par Hyppolite désigne Phèdre , sa belle-mère. Le recours à la périphrase montre, d'une part ses sentiments, il évite de nommer quelqu'un qu'il n'apprécie pas . D'autre part, l'expression permet de rappeler aux spectateurs de la pièce la double ascendance de Phèdre : fille de Minos, le juge des Enfers ,elle est associée à l'obscurité ; fille de Pasiphaé , descendante du Soleil , elle est rattachée à la lumière . Lourde hérédité qui ne peut qu'entraîner un conflit intérieur chez l'héroïne de Racine.
5) Ellipse elle consiste à supprimer des mots exigés par la construction de la phrase mais facilement sous-entendus. " Je t'aimais inconstant, qu'aurais-je fait fidèle? "
Commentaire L'ellipse donne toujours une grande concision à la phrase , ici cette forme ramassée exprime de façon plus pathétique les sentiments d'Hermione , amoureuse de Pyrrhus ( l'effet de concision est souvent le signe d'affectivité du locuteur .
6) hyperbole C'est le procédé de l'exagération et de l'emphase . " Dans des ruisseaux de sang Troie ardente plongée; "
Commentaire L'image hyperbolique - qui repose à la fois sur l'emploi du mot " ruisseau " et sur le pluriel -met bien sûr l'accent sur les horreurs de la guerre .
7) Oxymore La réunion surprenante de deux termes contradictoires unit grammaticalement (souvent adjectif épithète accordé à un nom .)" Candide , qui tremblait comme un philosophe se cacha du mieux qu'il put pendant cette boucherie héroïque. "
Commentaire : L'expression "boucherie héroïque" met l'accent sur la dimension sanguinaire et barbare de la guerre. Les deux termes ont en effet des connotations opposées : l'héroïsme suppose idéal, vertu, courage, sacrifice toute une noblesse d'actes et de sentiments éloignés des images triviales propres à l'idée de boucherie . Le premier terme est associé à l'épopée tandis que le deuxième rappelle l'horrible réalité : cet héroïsme ne serait donc que carnage et tuerie.
8) Anaphore : reprise de mots, d'expressions, en tête de phrase , de proposition, de vers . Contre les rois Contre toutes Contre le czar...contre ce chasseur
Commentaire : la reprise anaphorique de la préposition marque l'énumération , un vaste dénombrement d'une ampleur épique. Il s'agit pour Hugo de montrer la grandeur des soldats de l'an deux qui surent affronter une multiplicité (marquée aussi par les pluriels) d'adversaires.
9) Litote : Elle dit le moins pour suggérer le plus (forme négative) " Va , je ne te hais point."
Commentaire : Dans cet exemple classique, Chimène par respect pour son père ne peut pas dire à Rodrigue qu'elle continue de l'aimer .Le recours à la litote lui permet donc de suggérer la force de son amour tout en respectant les conventions morales.
10) Allitération : Retour d'un même son consonne (ou de consonnes voisines comme les dentales [d]et[t].) " Il est des parfums frais comme des chairs d'enfants. "
Commentaire : l'allitération en [f] reprend phonétiquement la correspondance sémantique entre les parfums, la fraîcheur et l'enfance . Ces trois termes possédant la même connotation de pureté.
11) Gradation : Elle ordonne , selon une progression , les termes d'un énoncé : " C'est un roc c'est un pic C'est un cap/ c'est une péninsule ! "
Commentaire en ordonnant des termes appartenant au domaine de la topographie, de la géographie,la gradation crée une sensation d'amplification spatiale. Elle illustre ainsi parfaitement le ton " descriptif " dans la leçon que Cyrano adresse au viconte de Valvert.
12) Homophonie : Utilisation d'un mot(ou d'un jeu de mots) présentant la même forme phonique qu'un autre (homophone) mais qui n'a pas le même sens " voyageur ailé il est / comique et laid "
Commentaire : l'homophonie concourt à souligner la brutalité du changement marqué par ailleurs par les antithèses (beau / laid) et les allitérations ([k]qui créent un effet de martèlement.
13) Assonance : le retour d'un même phonème(=élément sonore) vocalique (son voyelle)" Les couchants langoureux des pensives Zélandes."
Commentaire :l'assonance, la reprise du son [an], dans ce vers d'Apollinaire crée une unité sonore suggestive .Elle peut évoquer l'engourdissement(" langoureux ")contemplatif (" pensives ") produit par un climatet un spectacle dont la fréquence(l'incessant retour)est notée par le pluriel .
14) Hiatus : la rencontre de deux voyelles sonores (proscrit en poésie classique) " Le pré est vénéneux mais joli en automne. "
Commentaire :l'utilisation , à deux reprises du hiatus, désagréable à l'oreille, témoigne de la volonté de l'auteur, d'établir une correspondance un peu provocatrice entre le sens et le son.
15) Allégorie Elle représente une idée de façon imagée ; elle la rend ainsi plus concrète. " Je veux peindre la France une mère affligée; "
Commentaire : (contexte : les guerres de religion catholiques/ protestants) L'allégorie de la France permet une illustration claire et familière, parce que familiale, de la tragédie que vit le pays pendant la guerre de religion ; la France apparaît comme une réalité charnelle et nourricière, la situation est ainsi évoquée de façon émouvante. (on pourrait aussi souligner la référence biblique.)