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Voltaire
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Apologue = un petit récit
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Dans les
commencements de la fondation des Quinze-Vingts,
on sait qu1 Ce premier dictateur des Quinze-Vingts se forma d’abord un petit conseil, avec lequel il se rendit le maître de toutes les aumônes. Par ce moyen, personne n’osa lui résister.3 Il décida que tous les habits des Quinze-Vingts étaient blancs : les aveugles le crurent ; ils ne parlaient que de leurs beaux habits blancs, quoiqu’il n’y en eût pas un seul de cette couleur4. Tout le monde se moqua d’eux, ils allèrent se plaindre au dictateur, qui les reçut fort mal ; il les traita de novateurs, d’esprits forts, de rebelles, qui se laissaient séduire par les opinions erronées de ceux qui avaient des yeux, et qui osaient douter de l’infaillibilité de leur maître. Cette querelle forma deux partis. Le dictateur, pour les apaiser, rendit un arrêt par lequel tous leurs habits étaient rouges. Il n’y avait pas un habit rouge aux Quinze-Vingts.4 On se moqua d’eux plus que jamais : nouvelles plaintes de la part de la communauté. Le dictateur entra en fureur, les autres aveugles aussi : on se battit longtemps, et la concorde ne fut rétablie que lorsqu’il fut permis à tous les Quinze-Vingts de suspendre leur jugement sur la couleur de leurs habits. Un sourd, en lisant cette petite histoire, avoua que les aveugles avaient eu tort de juger les couleurs : mais il resta ferme dans l’opinion qu’il n’appartient qu’aux sourds de juger de la musique. :::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::: |
le premier paragraphe
présente d'abord une société installée dans un bonheur durable (nombreux
imparfaits). Démocratie et excellence (parfaitement X2). La fin de
cette période heureuse est rapportée sur un mode rousseauiste
«ils
vécurent paisibles et fortunés autant que des Quinze-Vingts peuvent l’être.» =
«ils
vécurent libres, sains,
bons et heureux autant qu'ils
pouvaient l'être par leur nature»
(Rousseau, Discours sur l'origine et les
fondements de l'inégalité parmi les hommes
,1755).
C'est l'audace (prétendit)d'un seul qui cause le malheur de ce
microcosme (petit)mais la responsabilité revient aussi à ceux (on)qui
se laissent berner sur un sujet qui les dépasse.
Les passés simples, le rythme ternaire (il se fit écouter, il intrigua,
il forma...) traduisent la rapidité avec laquelle se produit le
changement. Les phrases et les propositions sont plus courtes que dans la
première partie: le rythme mime ainsi l' agitation néfaste qui règne désormais
chez les Quinze-vingts.
Présence constante du narrateur
surlignée en gris :
-connivence avec le lecteur1.
-précisions pleines de bon sens du «philosophe ignorant» !2
-Remarque sur la stratégie politique la plus efficace.3
-Précisions narquoises qui mettent en évidence l'absurdité4
Le deuxième
paragraphe relate l'instauration et l'application de la dictature : réseau,
confiscation des biens, oukase absurde. La ponctuation ( les deux points
) suggère une adhésion spontanée de la communauté crédule et victime de sa
vanité. De courtes propositions évoquent les différentes phases d'un début de
conflit alors que la longueur du discours du dictateur est reproduit par deux propositions relatives.
Les «insultes» sont celles que l'on pouvait adresser au
XVIII aux philosophes «novateurs et rebelles». La périphrase «ceux qui avaient
des yeux» désignent les «autres», les «étrangers» nuisibles. Ce dictateur
fait passer le faux pour le vrai. L'autoritarisme engendre la désunion et
l'histoire se répète en accéléré (ponctuation).
Le retour à un ordre harmonieux est fonction de la suspension de la loi
mensongère et absurde. La morale est implicite: l'homme ne doit pas porter de
jugement dans des domaines qui le dépassent.
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