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LES CHATIMENTS
EVOLUTION POLITIQUE DE VICTOR HUGO
GÉNÉRALITÉS SUR VICTOR HUGO
Quelques méchancetés :
A la question : " Quel est pour vous le plus grand poète ? " Gide aurait répondu : " Victor Hugo, hélas ! "
" la poésie doit être faite par tous. Non par un. Pauvre Hugo ! " Lautréamont
" Victor Hugo, bête comme
lHimalaya " Leconte de Lisle
Né en
1802 " Ce siècle avait deux ans " mort en 1885 :
longévité qui explique en partie (en partie seulement) notoriété et prolixité.
Il se voulait " lécho sonore " de son siècle " un livre unique résumant un siècle, voilà ce que je laisserai derrière moi "
Pré Requis . Dates à retenir :
| 1793 : an II de
la Ier République ; guerre contre la Prusse et lAutriche (cf .A lobéissance passive) 1799 : Bonaparte 1er consul (coup détat du 18 brumaire) 1804 : Napoléon Empereur 1812 : Campagne de Russie (cf .Lexpiation) 1814 : Restauration (Louis XVIII , roi) 1815 : " Les cent jours " et Waterloo |
1824 : mort de
Louis XVIII Charles X , roi 1830 : Révolution de juillet .Abdication de Charles X Monarchie de juillet : Louis-Philippe (dOrléans), roi des Français) 1848 : Révolution IIer République , coup détat : Louis Napoléon élu président de la République. (cf. Ce que le poète se disait en 1848) 1851 : coup détat : de Louis Napoléon le 2 décembre (cf. Souvenir de la nuit du 4 ) 1852 : rétablissement de lEmpire : Louis Napoléon Empereur |
EVOLUTION POLITIQUE DE VICTOR HUGO
Hugo a suivi un itinéraire politique inhabituel puisquil est allé de la droite vers la gauche. Adolescent royaliste par vénération à Chateaubriand.(et par fidélité aux origines vendéennes, chouannes, de sa mère). En 1819, il fonde un journal : " Le conservateur littéraire " où il défend la monarchie et la religion.
Il consacre ses odes à la gloire des Bourbons et devient le poète officiel de la Restauration.
En 1824, après le sacre de Charles X , il devient Bonapartiste et sintéresse aux questions sociales. Il passe au libéralisme époque où , en littérature, il rêve de " mettre un bonnet rouge à la langue française " . En 1827, il sélève contre la peine de mort (Le dernier jour dun condamné) et rompt avec le parti au pouvoir.
En 1830, Révolution ratée : pas de République mais " un roi des français " : Hugo accepte le nouveau régime qui fait régner lordre. il souhaite une monarchie libérale, sociale. : cest lépoque où il écrit Ruy Blas.
En 1841, Il entre à lAcadémie française et (pour ?) devient Pair de France (membre de la haute assemblée législative nommé par le roi )
En 1845, le vicomte Victor Hugo , fidèle aux Orléans, est élevé à la dignité de pair du Royaume. Les républicains se moquent de lui. Les problèmes sociaux restent cependant sa préoccupation première (condition des prisonniers, travail des enfants il commence à rédiger les Misérables)
En 1848, linsurrection est violemment réprimée. Le peuple réclame la République, Hugo, lui, soutient la Régence (La duchesse dOrléans après labdication de Louis-Philippe.) la République proclamée, Hugo finit par sy rallier.
En juin 1848, il est élu député au suffrage universel. La misère et le chômage amènent de sanglantes émeutes, le socialisme fait peur à la majorité. Le Partisans de lOrdre répriment et triomphent : Hugo se range à leur côté mais sans enthousiasme. Il défend dabord Louis Napoléon Bonaparte, avant de critiquer ses mesures antilibérales.
Après le coup détat du 2 décembre 1851, il rejoint le comité de résistance. Celle-ci vaincue, Hugo doit fuir.
" Jappartiens à jamais à la République "
VICTOR HUGO A SES CONCITOYENS Mes Concitoyens, Je réponds à l'appel des soixante mille Electeurs1 qui m'ont spontanément honoré de leurs suffrages aux élections de la Seine . Je me présente à votre libre choix . Deux Républiques sont possibles . L'une abattra le drapeau tricolore sous le drapeau rouge , fera des gros sous avec la colonne , jettera bas la statue de Napoléon et dressera la statue de Marat , détruira l'Institut , l'Ecole polytechnique , et la Légion d'Honneur , ajoutera à l'auguste devise : Liberté, Egalité, Fraternité, l'option sinistre : ou la Mort; fera banqueroute, ruinera les riches sans enrichir les pauvres, anéantira le crédit, qui est la fortune de tous, et le travail, qui est le pain de chacun, abolira la propriété et la famille, promènera des têtes sur des piques, remplira les prisons par le soupçon et les videra par le massacre, mettra l'Europe en feu et la civilisation en cendre, fera de la France la patrie des ténèbres, égorgera la liberté, étouffera les arts, décapitera la pensée, niera Dieu; remettra en mouvement ces deux machines fatales qui ne vont pas l'une sans l'autre, la planche aux assignats et la bascule de la guillotine; en un mot, fera froidement ce que les hommes de 93 ont fait ardemment, et, après l'horrible dans le grand que nos pères ont vu , nous montrera le monstrueux dans le petit . L'autre sera la sainte union de tous les Français dès à présent, et de tous les peuples un jour, dans le principe démocratique; fondera une liberté sans usurpations et sans violences, une égalité qui admettra la croissance naturelle de chacun, une fraternité, non de moines dans un couvent, mais d'hommes libres; donnera à tous l'enseignement comme le soleil donne la lumière, gratuitement; introduira la clémence dans la loi pénale et la conciliation dans la loi civile; multipliera les chemins de fer, reboisera une partie du territoire, en défrichera une autre, décuplera la valeur du sol; partira de ce principe qu'il faut que tout homme commence par le travail et finisse par la propriété, assurera en conséquence la propriété comme la représentation du travail accompli et le travail comme élément de la propriété future; respectera l'héritage, qui n'est autre chose que la main du père tendue aux enfants à travers le mur du tombeau; combinera pacifiquement, pour résoudre le glorieux problème du bien-être universel, les accroissements continus de l'industrie, de la science, de l'art et de la pensée; poursuivra, sans quitter terre pourtant, et sans sortir du possible et du vrai, la réalisation sereine de tous les grands rêves des sages; bâtira le pouvoir sur la même base que la liberté, c'est à dire sur le droit; subordonnera la force à l'intelligence; dissoudra l'émeute et la guerre, ces deux formes de la barbarie, fera de l'ordre la loi des citoyens, et de la paix la loi des nations: vivra et rayonnera, grandira la France, conquerra le monde, sera en un mot, le majestueux embrassement du genre humain sous le regard de Dieu satisfait. De ces deux Républiques, celle-ci s'appelle la civilisation, celle-là s'appelle la terreur. Je suis prêt à dévouer ma vie pour établir l'une et empêcher l'autre. VICTOR HUGO . Affiche électorale de Victor Hugo pour les élections complémentaires de juin 1848. 1 . Aux élections d'avril, qui pour la première fois en France sont faites au suffrage universel, Hugo ne s'est pas présenté mais il a publié une Lettre aux électeurs : " J'appartiens à mon pays, il peut disposer de moi. J'ai un respect exagéré peut-être pour la liberté du choix. Trouvez bon que je pousse ce respect jusqu'à ne pas m'offrir... " Il réunit pourtant soixante mille voix. Il se présente donc en juin aux élections complémentaires, il est élu avec quatre-vingt mille voix. |
Introduit en France clandestinement à partir de 1853.
Poésie satirique (genre ancien dHorace à La Fontaine en passant par Dante ).
Structure
7 parties aux titres ironiques qui parodient les slogans martelés après le coup détat.
LA SOCIETE EST SAUVEE
L'ORDRE EST RETABLI
LA FAMILLE EST RESTAUREE
LA RELIGION EST GLORIFIEE
L'AUTORITE EST SACREE
LA STABILITE EST ASSUREE
LES SAUVEURS SE SAUVERONT
Des antiphrases et des antithèses puisque les 7 livres sont précédés dun poème intitulé " Nox " et suivis dun poème intitulé " Lux "
Le coup détat plonge la France dans la nuit , il est présenté comme une hideuse tromperie .
Le recueil développe une autre antithèse entre loncle et le neveu , entre Napoléon 1er (" lEmpereur surhumain ") et Napoléon III (" Le nain ")
Le recueil s'ouvre sur une préface de l'auteur qui énonce 7 affirmations très sentencieuses, articles de loi républicaine.
Importance du chiffre 7 : référence biblique
a) la genèse
b) l'épisode des trompettes de Jéricho : Josué à la tête des Hébreux faisant 7 fois le tour des murailles de la ville avant que celles-ci ne s'écroulent. Chaque livre apparaît ainsi comme un coup de semonce avant que l'Empire ne s'écroule.
Autre lecture :
3 poèmes structurent le recueil : "Nox" ; "L'expiation" et "Lux". De la nuit du coup d'état , naîtra la lumière lorsque la France aura expié la faute de Napoléon commise le 18 Brumaire. ( L'avènement de l'Empire de Napoléon "le Nain" est la punition infligée pour la faute commise par Napoléon 1èr "le surhumain")
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1er extrait : Poème liminaire " Nox" vers 17 à 46
SITUATION : L'incipit ( les 16 premiers vers de la première section) présente le moment décisif , celui choisi par le félon suffisamment lâche pour assassiner , à l'arme blanche, arme du fourbe, la République endormie.
La deuxième partie de la première section relate la nuit tragique.
...Cavaliers, fantassins, sortez! dehors les hordes!
Sus aux représentants! soldats, liez de cordes
Vos généraux jetés dans la cage aux forçats!
Poussez, la crosse aux reins, l'Assemblée à Mazas!
Chassez la haute-cour à coups de plat de sabre!
Changez-vous, preux de France, en brigands de Calabre!
Vous, bourgeois, regardez, vil troupeau, vil limon,
Comme un glaive rougi qu'agite un noir démon,
Le coup d'Etat qui sort flamboyant de la forge!
Les tribuns pour le droit luttent: qu'on les égorge.
Routiers, condottieri, vendus, prostitués,
Frappez! tuez Baudin! tuez Dussoubs! tuez!
Que fait hors des maisons ce peuple? Qu'il s'en aille.
Soldats, mitraillez-moi toute cette canaille!
Feu! feu! Tu voteras ensuite, ô peuple roi!
Sabrez le droit, sabrez l'honneur, sabrez la loi!
Que sur les boulevards le sang coule en rivières!
Du vin plein les bidons! des morts plein les civières!
Qui veut de l'eau-de-vie? En ce temps pluvieux
Il faut boire. Soldats, fusillez-moi ce vieux.
Tuez-moi cet enfant. Qu'est-ce que cette femme?
C'est la mère? tuez. Que tout ce peuple infâme
Tremble, et que les pavés rougissent ses talons!
Ce Paris odieux bouge et résiste. Allons!
Qu'il sente le mépris, sombre et plein de vengeance,
Que nous, la force, avons pour lui, l'intelligence!
L'étranger respecta Paris: soyons nouveaux!
Traînons-le dans la boue aux crins de nos chevaux!
Qu'il meure! qu'on le broie et l'écrase et l'efface!
Noirs canons, crachez-lui vos boulets à la face!
...
INTRODUCTION
La narration du coup d'état sous la forme d'un monologue injonctif, une logomachie (logos = discours; machie= combat). Qui parle ? L.N.Bonaparte mais l'énonciation est ambigüe car ces exhortations dans la mesure où il s'agit d'une espèce de folie verbale, sont une vraie dénonciation de la folie du locuteur.
Donc
PLAN
1 : une diatribe , un discours perverti.
2 : Le récit des massacres , une anti-épopée.
1 a Discours
La voix du pouvoir ( impératifs, ordres + les subjonctifs à valeur impérative 26;29;38;39;45) domaine militaire . un appel aux armes (crosse ,fusils , sabre, canons) comparaison au vers 24 : le glaive donc appel à une répression armée et sanglante.
Adressé aux cavaliers, fantassins, soldats (terme récurrent 18;30;36) comme un rappel à l'ordre "à l'obéissance passive". aux vers 26 et 45 le pronom "on" se substitue aux substantifs , idée d'une force anonyme , d'un mécanisme inhumain.
Particularité des impératifs 30;36;37 : forme tonique du pronom personnel "moi" qui rapproche dans une tournure raccourcie les destinataires et le locuteur : exécutant et pouvoir . La sollicitation est ainsi plus forte. Les reprises (28) marquent aussi l'encouragement , véritable exhortation pour stimuler la répression , rythme ternaire du vers 32 . Vers 40 , l'interjection : formule classique d'encouragement.
Autres destinataires : (23) les bourgeois . ordre = assister en spectateurs passifs . Leur fonction ( métaphore du limon : brancards entre lesquels on attelle les chevaux ) donc complicité veule (sans volonté) , de simples auxiliaires politiques. La reprise de l'adjectif accentue le mépris . Le pronom "vous" (23) mis en relief par la coupe au début du vers isole cette catégorie sociale.
Le peuple pourrait être l'autre destinataire (vers 38 ) .valeur de l'interrogation = nouvelle manifestation du mépris , démonstratif méprisant qui redouble la violence de l'épithète. autre manifestation du mépris : vers 31, le tutoiement suivi de l'invocation ironique .
1 b perverti car polyphonique Ce discours dont le dynamisme est marqué par les exclamations et les reprises de par ses excès reflète une espèce de folie verbale du tyran , folie qui constitue ainsi une forme de condamnation .
De plus certains propos ne peuvent pas être attribués à L.N. Bonaparte. L'ordre lancé au vers 22 , la métamorphose évoquée par l'antithèse "preux" / "brigands" laisse transparaître en filigrane la voix du poète . Le terme "brigands" est d'ailleurs repris par l'énumération du vers 27, il s'agit d'une armée de criminels commandée par "un noir démon" (24) ( l'adjectif antéposé sera repris au dernier vers "noirs canons") Image fantastique , l'objectif du pseudo locuteur est de détruire les valeurs essentielles (32) le droit et la loi . Enfin le vers 42 illustre parfaitement cette polyphonie : qui peut accorder intelligence au peuple si ce n'est le poète.
Transition Un discours violent dont la démesure dans la grossièreté (insultes et termes familiers) et certains indices montrent qu'il s'agit d'une satire , une critique virulente de celui qui est censé le prononcer.
Le thème développé, les images proposées constituent une condamnation d'un coup d'état vécu comme une anti-épopée
2 Récit d'un massacre Globalement, le texte propose uni image de chaos, une deuxième nuit de la Saint Barthélemy (en fait, il s'agit de l'évocation de plusieurs nuits : journées du 2 au 5 décembre 1851) avec des bourreaux et des victimes :
1 a) Vers 28 , les représentants du peuple sont nommés (Baudin, médecin tué le 3 , Dussoubs, frère d'un député , tué dans la nuit du 4 au 5) Ce sont les tribuns (26) défenseurs du droit. L'autorité légitime : les généraux (19 ) et l'Assemblée (20)
b) Le peuple anonyme (29), le peuple de Paris (40) avec ses figures emblématiques , ceux qui symbolisent la vulnérabilité et /ou l'innocence le "vieux "(36) , l'enfant"" (37) et la "mère" . L'article généralise . La barbarie qui amène jusqu'à la transgression d'un interdit .
c) L'étranger (43) Allusion aux guerres de coalition et aux défaites françaises : il s'agit pour Hugo de souligner l'ingratitude de L.N. Bonaparte et de ses troupes en même temps que la haine universelle qui l'habite.
Le coup d'état est donc présenté dans sa brutalité et sa soudaineté .
2 Brutalité Le premier impératif (1) est un cri, l'homophonie dans la deuxième injonction renforce la sauvagerie suggérée par le terme "hordes". Brutalité marquée par le rythme et les figures de style, reprises (28,31). Ruptures (26), ponctuation ( les deux points) sentence immédiate . Les enjambements (38;39) et les rejets (35;36), les innombrables coupes (exemple du vers 42) . Le rythme ternaire (32) , la gradation (45)= degré de haine, montée en puissance d'un sentiment de haine et de destruction. Les énumérations et les pluriels : (27) =armée de criminels . Les antithèses (19) généraux / forçats , (22) preux / brigands , la bassesse d'aujourd'hui opposée à l'héroïsme d'hier, (42) la force / l'intelligence = les deux camps. Les hyperboles (33 et 34 ) ( image récurrente de l'orgie dans les Châtiments).
Donc un grandissement épique mais une anti épopée : l'allégorie du coup d'état aux vers 24 et 25 propose une image fantastique avec l'allusion à la mythologie et aux forges de Vulcain. Un monde en rouge (flamboyant) et noir (24 et 46)
CONCLUSION
La transcription littéraire d'un appel au meurtre dont la violence ne peut que se retourner contre celui qui l'exprime et la provoque . Les thèmes abordés ici seront repris dans les 7 livres du recueil., " Nox" apparaissant comme un microcosme de l'ensemble de l'uvre.
LIVRES ETUDIES : livres II, IV,V ET VII
1ème extrait
Livre II VII
A L'OBEISSANCE PASSIVE (vers1 à 30)
I
O soldats de l'an deux! ô guerres! épopées!
Contre les rois tirant ensemble leurs épées,
Prussiens, Autrichiens,
Contre toutes les Tyrs et toutes les Sodomes,
Contre le czar du Nord, contre ce chasseur d'hommes
Suivi de tous ses chiens,
Contre toute l'Europe avec ses capitaines,
Avec ses fantassins couvrant au loin les plaines,
Avec ses cavaliers,
Tout entière debout comme une hydre vivante,
Ils chantaient, ils allaient, l'âme sans épouvante
Et les pieds sans souliers!
Au levant, au couchant, partout, au sud, au pôle,
Avec de vieux fusils sonnant sur leur épaule,
Passant torrents et monts,
Sans repos, sans sommeil, coudes percés, sans vivres,
Ils allaient, fiers, joyeux, et soufflant dans des cuivres
Ainsi que des démons!
La liberté sublime emplissait leurs pensées.
Flottes prises d'assaut, frontières effacées
Sous leur pas souverain,
O France, tous les jours c'était quelque prodige,
Chocs, rencontres, combats; et Joubert sur l'Adige,
Et Marceau sur le Rhin!
On battait l'avant-garde, on culbutait le centre;
Dans la pluie et la neige et de l'eau jusqu'au ventre,
On allait! en avant!
Et l'un offrait la paix, et l'autre ouvrait ses portes,
Et les trônes, roulant comme des feuilles mortes,
Se dispersaient au vent!
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